Actus

19/09/2017

Swimrun du Jura : ça meule au pays du Comté !!

posté à 18h27

Non mais sérieusement : est-il possible une fois de faire une belle épreuve de swimrun dans de bonnes conditions ? Dans quelle galère nous sommes nous engagés il y a de cela quelques mois quand nous avions coché sur notre calendrier le Défi du Hérisson de l’ami Damien Favre-Félix. J’avais tablé sur la douceur jurassienne du mois de septembre, sur une fin d’été prolongée comme on peut parfois l’avoir en cette période. Mais voilà : il en fût tout autre. Allez chercher votre néoprène et vos gants, ça peut toujours servir.
Le premier défi était de trouver un coéquipier pour cette aventure. Mon habituel binôme, que j’ai déjà bien usé n’étant pas disponible, il m’a fallu retourner terre et ciel pour m’accompagner. Rares sont ceux qui souhaitent partager avec moi quelques moments d’activités physiques et sportives. Encore plus rares sont elles, mais c’est bien une coéquipière qui releva le défi. Oh il n’a pas beaucoup fallu la titiller notre Anouk pour avoir une réponse positive à ma demande. Au début, elle était plus partante pour le Défi des lacs, beaucoup plus court, mais au regard de notre âge avancé, nous sommes tombés d’accord pour partir sur la version longue. C’était au mois d’avril … L’année avançant et l’échéance approchant, j’ai senti chez elle un brin d’appréhension à pouvoir bien faire cette épreuve. Je crois que j’étais beaucoup plus confiant qu’elle sur ses capacités à finir. C’est clair que mon niveau d’entrainement et de participation à ce type d’épreuve d’endurance est assez important. Il est également clair qu’Anouk n’a pas cette expérience. La dernière fois qu’elle a fait une épreuve de plus de 5h, c’était la Transjurassienne … en 2005 … déjà avec moi … tiens, tiens. Mais voilà, je connais l’athlète, c’est une battante, j’ai confiance en elle et en ses capacités. Peut-être plus qu’elle …
La semaine d’avant, les prévisions météo se précisent. Au contraire de ses certitudes vestimentaires qui vont se transformer en inquiétudes. Tout comme sa capacité à finir. Rien de bien grave ni de bien différent concernant ses veilles de courses. La bonne nouvelle est que depuis 1 semaine, la période officielle de vente de Vacherin Mont d’Or a commencé : quoi de mieux que de se faire une bonne boîte chaude au coin du feu accompagnés de quelques charcuteries d’un délicieux vin blanc et d’une tarte au chocolat pour préparer cette course ? Il est 23h avant d’aller se coucher, on essaye nos tenues du dimanche, la sangle, les bonnets. Dernière interrogation pour Anouk : gants ou pas ? Je lui indique que non. La courte nuit portera conseil. On verra demain.
Enfin, demain, tout à l’heure quoi. Lever à 4h45. On charge la voiture avec notre reporter photographe Pauline qui nous suivra un bout en VTT. Au passage à La Frasse le thermomètre indique +1°C. La température est donc positive ou presque comme les pensées nous traversant. Ou presque. Arrivés au Frasnois, c’est pas l’émeute. Pas de sono crachant ses décibels. Pas de projecteurs. A peine quelques lumières dans la salle des fêtes pour retirer son dossard. On retrouve ensuite quelques têtes bien connues avec encore la marque de l’oreiller sur la joue, les cheveux en bataille.
7h25, je propose à Anouk de ne pas s’échauffer pour ne pas se refroidir : c’est-à-dire de ne pas aller se baigner. On sait bien qu’elle n’est pas très chaude cette eau. Alors on verra bien. 7h30, c’est presque en chuchotant que le départ est donné aux 30 valeureuses équipes. Pierre n’étant pas là pour nous faire prendre un départ typé grand prix, nous partons gentiment dans les derniers sur les 300 premiers mètres avant de se glisser non sans une certaine appréhension dans notre première activité aquatique dans le lac de Narlay. C’est pas très chaud, mais ça va. 400m plus tard on sort, pour une portion trail orientation. En effet, tout le monde se retrouve un peu paumé au bout de quelques km suite à un fléchage perfectible ou enlevé par des personnes malintentionnées. C’est dans un très bon état d’esprit que l’ensemble des participants reprennent la bonne direction réaiguillé par le vélo balai. Anouk en profite pour redonner ses gants à Pauline, qu’elle avait pris pour la première natation : pas pratique du tout. On trottine tranquille, tout va bien, pas très chaud, mais ça va. Ce qui est très surprenant sur cette portion en sous bois très humide, est que tout le monde prend bien soin de ne pas passer dans les flaques d’eau : c’est pas comme si on avait tous déjà les pieds tout mouillé de notre première excursion nautique !!
La descente sur le lac de Chalain est très belle. L’entrée dans le lac est assez agréable. La sortie encore plus. On longe ce lac quelques km avant de le traverser de nouveau dans sa grande largeur : 1200m. Un brin de soleil fait son apparition. Fort agréable. 2h de course. Il faut maintenant prendre la direction des cascades du Hérisson via le lac de Chambly. Le parcours sur la route n’est pas des plus agréables et un peu longuet.
Au 3ème ravito avant les cascades, un bénévole fait la grave erreur de nous annoncer 4ème équipe mixte. On a beau être sur une course de quartier, on a beau avoir 45 ans (ou presque), on en reste pas moins un chouia joueur voire compétiteur. Nous sommes désormais encordés pour monter les cascades. Nous repassons rapidement en 3ème position pour cette portion de 13km qui va nous amener au lac d’Ilay pour le gros morceau du jour : 1700m. Ils sont bien meilleurs nageurs que nous. Nous montons les cascades à vive allure. Je sens parfois l’élastique se tendre un peu. Anouk aura fait plus que suivre. Nous disposons d’une bonne avance avant cette traversée. Le lac est tout en longueur et tout en fraicheur. Nous restons encordés. Ce sera long. Une équipe nous double. Mais ce n’est pas une mixte. En sortant, c’est une autre épreuve qui commence : Anouk est frigorifiée. Je ne suis pas très réchauffé non plus. Nous marchons pour nous réchauffer. Il n’y a plus de soleil et il ne fait pas chaud non plus dehors. L’équipe mixte nous double. Peu importe. Il faut vraiment marcher pour se réchauffer. Ça ne passe pas. Et puis le lac suivant arrive comme une punition : nager de nouveau pour quelques centaines de mètres. Sans tergiverser, je m’y engage invitant Anouk à me rejoindre. De toutes façons, on est liés. De toutes façons on veut ralier l’arrivée. Vite. Le lac du petit Moclu est beaucoup moins limpide mais à peine plus chaud, ou à peine moins froid. Le podium s’en est déjà allé. En sortant, c’est toujours pas l’euphorie. Malgré tout, nous recommençons à courir. Dans une descente nous rattrapons puis doublons les 3ème. Et là, nous enclenchons le mode enlevage pour reprendre un terme d’aviron que nous ne connaissons que trop bien avec Anouk. A proximité de l’arrivée on nous fait nager une dernière fois dans le lac du départ. Nous nous détachons pour ne pas être gênés et nageons comme jamais pour maintenir notre place. 500 m à pied pour finir. Et la ligne est franchie en 6h et quelques. Heureux. D’en finir enfin. Et de rester 3ème.
En lisant quelques uns de vos commentaires sur un réseau social au pouce levé, je me dis que le plus grand défi que je pourrais me mettre maintenant serait de participer à une épreuve de ce style voire dans ces conditions avec une fille haute en couleur, amoureuse de sa Côte d’Azur et de ses températures plus clémentes. Mais déjà qu’elle garde un souvenir frais de son passage à Zoofingen de Suisse voisine, je ne vois pas comment être suffisamment fort en lobby pour lui vendre ça : n’est-ce pas Céline ?
En tous cas, il fallait être sacrément costaud dans ses jambes et dans sa tête pour venir au bout de cette épreuve dans les conditions du jour. Pas tant pour moi qui ai déjà quelques autres péripéties à mon actif mais surtout pour Anouk qui depuis le début avait quelques doutes qu’elle a pu lever de fort belle manière. Un grand coup de chapeau pour cette grande dame qui ne l’est pas que par la taille.

 


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